L’image du mois #23-1

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Il a neigé sur Paris occupé

Une vague de froid s’abat sur la France à l’hiver 1941. À Paris les températures atteignent -14°C. Le 4 février, le journal collaborationniste Le Matin informe ses lecteurs que les transports en commun sont perturbés par la tempête de neige de la veille : une chute de tension électrique provoque une panne d’une demi-heure de la ligne 3 du métro, les lignes d’autobus sont retardées. Les trains de marchandises sont également touchés. Cela accentue la pénurie alimentaire causée par les réquisitions de vivres que l’occupant destine à l’Allemagne et au front de l’Est. De nombreux hommes étant prisonniers en Allemagne, la main-d’œuvre manque, ce qui oblige la Direction des travaux de Paris à mobiliser des chômeurs et des ouvriers de chantier pour dégager les chaussées enneigées.

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Bien que mentionnant les problèmes causés par les intempéries, la presse collaborationniste met davantage en avant le côté ludique de la neige. Elle montre des courses de ski dans le parc de Saint-Cloud, des enfants jouant dans la neige au Jardin des Tuileries ou des employés municipaux exécutant des mouvements de bras pour se réchauffer. Elle souligne également que les œuvres de solidarité affiliées à l’État français, comme le Secours national/Entr’aide d’hiver du Maréchal, distribuent des agrumes, des biscuits ou du chocolat aux personnes âgées, épouses de prisonniers de guerre ou enfants orphelins de l’exode de 1940. Le reste de la population demeure soumise, pour son ravitaillement, aux aléas de l’achalandage des étales et à la répartition des vivres et produits de première nécessité par le biais des tickets de rationnement.

Il faut recourir à la presse et aux tracts clandestins pour lire l’accentuation des difficultés auxquelles est confrontée la population et entendre ses revendications : du pain, du charbon, la liberté.

Sources :

[Notice rédigée avec l’aide d’Alan et Théo dans le cadre de leur stage de 3e au MRN]
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