L’image du mois #22

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Rien à censurar

En novembre 1936, Pierre/Louis Lagneau reçoit à Vincennes où il réside plusieurs cartes postales d’un ami, Jean, parti combattre aux cotés de la République pendant la Guerre civile espagnole. Celui-ci prend alors part à la défense de Madrid. Au cœur des combats, il choisit, pour donner de ses nouvelles à son « camarade » Pierre, une vue touristique de la place Cibeles et de la rue Alcalá prises avant-guerre.

Carte postale adressée par Jean à Louis Lagneau - Madrid, novembre 1936.
MRN/fonds Lagneau – ©MRN/M.Mingot Nicaise

Entre le 8 et le 23 novembre, la capitale espagnole se trouve en plein assaut des troupes franquistes qui tentent de pénétrer dans la ville par l’ouest en traversant la rivière Manzanares. Les forces républicaines, soutenues par les Brigades internationales, parviennent à freiner l’avancée fasciste. La XIIe Brigade, celle de Jean, entre en combat le 18, date de la première carte postale. Son bataillon, le 3e, dit « Garibaldi », prend position le long du Manzanares. Le 23 novembre, face à la résistance de la ville, Franco arrête l’assaut de la capitale et le front se stabilise.

Carte postale adressée par Jean à Louis Lagneau - Madrid, novembre 1936.
MRN/fonds Lagneau
Carte postale adressée par Jean à Louis Lagneau - Madrid, novembre 1936.
MRN/fonds Lagneau

La Constitution de 1931 garantit l’inviolabilité de la correspondance. La situation de guerre impose toutefois la levée de ce droit. Les autorités ouvrent et censurent le courrier afin d’éviter que des informations d’intérêt militaire ne parviennent à l’ennemi. Les cartes postales de Jean sont donc visées par la censura comme l’indique le tampon apposé sur chacune d’elles. Il n’y a cependant rien à censurer car son message ne contient aucune information sensible. Il ajoute ces quelques mots militants : « Toujours pour le même but. Écraser le fascisme », « Front de la Liberté. Sincères salutations ».

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