CNRD 2018-2019 : Répressions et déportation en France et en Europe

CNRD 2018-2019 : Répressions et déportation en France et en Europe

Concours national de la Résistance et de la Déportation 2019

« Répressions et déportation en France et en Europe
Espaces et histoire 1939-1945 »

Perspectives et enjeux

Entre 1939 et 1945, l’Allemagne nazie étend sa domination sur une grande partie du continent européen. Dans les territoires sous son contrôle, elle entend maintenir l’ordre et assurer la sécurité de ses forces occupantes face à des populations considérées comme plus ou moins hostiles. La répression est assurée par des administrations militaires d’occupation, qui disposent de forces de police aidées des services de contre-espionnage de la Wehrmacht et par les services de l’Office central de sécurité du Reich (RSHA), qui réunit police de sûreté d’État et services de renseignements du parti nazi. Des unités militaires ou des commandos constitués pour des missions particulières peuvent jouer un rôle répressif majeur dans certains cas.

Les formes de répression varient dans le temps et selon les espaces européens, avec un net décalage entre les niveaux de violence atteints à l’Est, en comparaison d’une première répression « à visage légal » à l’Ouest : condamnations à des peines de prison, détentions administratives, exécutions de condamnés à mort ou d’otages, massacres de masse. Dans ce contexte, la déportation devient un dispositif répressif permettant d’éloigner les individus ou les groupes jugés dangereux, de statuer sur leur sort si nécessaire, de les utiliser comme force de travail ou de les envoyer à la mort, immédiatement ou après avoir épuisé leur capacité productive.

A l’Ouest, la répression connaît un durcissement avec le déclenchement de la guerre à l’Est et la montée en puissance des résistances armées. La pression est de plus en plus forte sur les populations, à mesure que la guerre tourne en faveur des Alliés et que l’espoir d’une libération grandit. La répression finit par prendre des formes extrêmes avec l’application de méthodes terroristes contre tous ceux qui sont considérés comme des ennemis, armés ou non.

A l’Est, une répression très brutale s’exerce dès l’occupation de la Pologne, véritable terrain d’expérimentation des pratiques nazies. Elle s’exacerbe avec l’invasion de l’URSS et le début d’une guerre d’anéantissement. Des groupes entiers sont voués à la disparition faute de moyens pour survivre ou à l’élimination immédiate : responsables politiques, prisonniers de guerre, communautés juives. La décision de lancer l’extermination des juifs à l’Est puis dans l’ensemble de l’Europe se traduit par la rationalisation puis l’industrialisation de la mort de masse. La déportation permet d’amener les victimes jusqu’au lieu de leur exécution.

Nous avons choisi de privilégier la France dans ce dossier. A chaque fois, un contrepoint européen est mis en regard. Le cas de la France permet d’illustrer et de comprendre l’évolution générale, d’autant que sa situation particulière subit l’influence des événements à l’Ouest comme à l’Est. La répression s’intensifie à partir de 1941 et aboutit au déchaînement de violence de 1944, avant et après le débarquement allié en Normandie. Les convois vers les camps de concentration sont organisés jusqu’au dernier moment. La déportation des juifs de France est organisée à partir du printemps 1942 ; la haine antisémite sévit tant qu’un juif, fut-il un enfant, reste à portée et peut être arrêté.

Étudier les processus de répression et de déportation mis en œuvre par les nazis en France et en Europe, c’est comprendre la capacité de destruction d’une idéologie fondée sur les principes de sujétion et de transformation du monde sur des bases inégalitaires. C’est comprendre l’importance dramatique de la complicité de tous ceux qui ont accepté de collaborer avec les nazis par conviction idéologique et/ou pour satisfaire des ambitions personnelles. C’est constater la terrible efficacité d’une politique rationnelle et méthodique de domination, qui n’exclut pas une part d’improvisation, inhérente au régime nazi.

Pourtant, aussi perfectionnés et organisés soient-ils, ces dispositifs terroristes et mortifères ont montré leurs limites. Mis en place par des êtres humains contre d’autres êtres humains, ils ont provoqué la souffrance et le décès de millions d’individus. Ils ont pourtant échoué dans leur entreprise d’élimination collective. Partout, à tout moment, par des actes discrets et modestes ou par des actions spectaculaires et héroïques, des hommes et des femmes se sont efforcés de lutter contre les nazis et contrecarrer leurs projets de domination et d’extermination.

Travailler sur le thème du CNRD, c’est prendre conscience de la menace que peut faire peser une idéologie et un régime politiques fondés sur la concentration des pouvoirs, la hiérarchisation des groupes humains et la haine contre de supposés ennemis. C’est comprendre pourquoi la devise républicaine « liberté, égalité, fraternité » qu’ont revendiquée et défendue les résistants français et étrangers en France, et nombre de combattants de l’ombre en Europe durant la Seconde Guerre mondiale, demeure une protection pour tous aujourd’hui, si chacun veille et s’oblige à la faire vivre, en se rappelant les temps pas si lointains où on a voulu la faire disparaître définitivement.

Télécharger ici “Résistance”, la brochure pédagogique du MRN du CNRD édition 2018-2019

Sommaire

p 3 • Perspectives et enjeux
p 4-5 • Montrer et dénoncer la répression : « Les défenseurs de la civilisation… »
p 6-7 • Le traitement des prisonniers de guerre
Contrepoint – Les prisonniers de guerre soviétiques
p 8-9 • Zones d’occupation et acteurs de la répression
Contrepoint – L’Alsace et la Moselle annexées
p 10-11 • La répression du régime de Vichy
Contrepoint – La situation au Danemark
p 12-13 • La répression à « visage légal »
Contrepoint – La situation en Belgique
p 14-15 • La radicalisation de la répression
Contrepoint – La situation en Yougoslavie (1941-1942)
p 16-17 • La procédure NN
Contrepoint – Tribunaux, prisons et camps spéciaux du Reich
p 18-19 • Le génocide des Juifs
Contrepoint – L’extermination des Juifs d’Europe
p 20-21 • La traque des réfractaires du STO
Contrepoint – Le travail forcé à l’Est
p 22-23 • Les grands convois de répression (janvier 1943-juin 1944)
Contrepoint – Des camps dans la guerre totale
p 24-25 • Les actions contre les maquis
Contrepoint – La lutte contre les partisans à l’Est
p 26-27 • Juin-juillet 1944 : déporter, massacrer, exécuter
Contrepoint – La « guerre aux civils » en Italie en 1944
p 28-29 • Déporter et tuer jusqu’au bout
Contrepoint – La fin du système concentrationnaire : marches de la mort et massacres de masse
p 30-31 • Juger et montrer les crimes
Contrepoint – Les autres procès en Europe
p 32 • Le monument aux déportés et fusillés d’Auxerre

Ressources complémentaires à télécharger

En complément, les dossiers réalisés par le MRN pour les CNRD 2011 et 2014 peuvent être consultés.

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