Résistants d’ailleurs… et pourtant oubliés
Manouchian et les étrangers
dans la lutte clandestine en France
Art | Histoire | Mémoire
EXPOSITION TEMPORAIRE
Du 27 septembre 2026 au 30 mai 2027, le Musée de la Résistance nationale à Champigny-sur-Marne rend hommage aux résistant·e·s venu·e·s d’ailleurs dans une exposition où l’art tient un rôle prépondérant comme vecteur de reconnaissance de l’apport des étrangers à la Résistance française.
CONTEXTE ET OPPORTUNITÉ
L’entrée au Panthéon de Missak et Mélinée Manouchian le 21 février 2024 a marqué un tournant symbolique invitant à repenser la place des résistants étrangers dans notre mémoire nationale.

L’histoire des étrangers dans la Résistance a longtemps été encadrée par des mémoires et un clivage idéologique issus des récits gaullistes et communistes, des tensions de la Guerre froide et des guerres de décolonisation. Cette exposition propose une lecture qui met en valeur ces évolutions et redonne une place à certaines figures restées invisibles pendant des décennies, ainsi qu’à leurs réalités humaines et artistiques. Deux ans après l’entrée de Manouchian au Panthéon, l’exposition offre au public des clés pour saisir comment la mémoire des résistants étrangers s’est inscrite dans l’espace public via l’art et les témoignages.
Une exposition d’art et d’histoire
Le parcours explore cette épopée humaine en deux temps forts. D’abord, il documente la réalité historique de la période de l’Occupation et la manière dont ces hommes et ces femmes ont choisi de s’engager, tout en montrant comment les arts de l’époque ont dénoncé le racisme et affirmé l’attachement de ces « étrangers » à la culture française. Ensuite, le parcours s’attache à la longue marche vers leur reconnaissance. De la Libération à nos jours, à travers des archives et des démarches d’artistes, c’est l’histoire d’une mémoire collective en constante construction qui est ici dévoilée.
Pour restituer la vérité de ces parcours, l’exposition fait dialoguer des documents historiques majeurs avec des œuvres d’art issus de la collection du musée. Des pièces d’archives inédites — tracts, faux papiers, photographies — côtoient les créations emblématiques d’Ernest Pignon-Ernest ou des écrits de Paul Éluard et de Louis Aragon.
Ensemble, ces objets et ces œuvres révèlent les trajectoires complexes de ces combattants venus d’ailleurs. Ce riche corpus historique, complété par les dernières acquisitions du musée, offre un hommage vibrant à ceux qui, venus de tous les horizons, ont choisi de risquer leur vie pour la liberté.
Un objet de recherche
L’exposition met en lumière les dernières découvertes concernant la mémoire des étrangers dans la Résistance, et notamment le rôle de certains pionniers qui ont initié les collectes, témoignages, expositions et publications autour de cette mémoire, en particulier le résistant juif David Diamant ou encore Justin Godart, l’un des 80 députés à refuser les pleins pouvoirs à Pétain en juillet 1940. Elle offre des clés pour comprendre que la collection de l’AAMRN s’est constituée depuis plus de 70 ans par le biais de résistants de toutes les origines et de nombreux artistes qui ont contribué à la reconnaissance des résistants venus d’ailleurs.
Des créations inédites
Depuis quelques années, chaque exposition liée à l’art montée par le musée de la Résistance est l’occasion de créations inédites. Cette nouvelle exposition s’inscrit dans cette continuité et permettra une fois de plus d’enrichir les collections de l’AAMRN. Ces créations seront réalisées non seulement par des artistes, mais pourront également être conçues dans le cadre de classes en résidence et d’ateliers. Un espace intitulé « L’atelier » sera ainsi intégré au cœur même de l’exposition temporaire.