Le massacre des soldats coloniaux en 1940
Lors des combats de mai-juin 1940, les Allemands n’ont pas toujours respecté les lois de la guerre à l’égard des soldats prisonniers, procédant à de nombreux massacres visant les troupes coloniales. S’il n’y eut jamais un ordre de l’état-major allemand pour que les tirailleurs capturés soient systématiquement exécutés, des officiers prennent l’initiative de procéder à leur élimination. 2000 à 3000 soldats africains sont ainsi massacrés.
Ces exactions s’expliquent par toute une série de facteurs. L’armée allemande était profondément marquée par l’idéologie nazie et le racisme : les soldats africains sont présentés par la propagande nazie comme des « sauvages » et des « barbares ». L’engagement des troupes coloniales dans des combats d’arrière-garde pour protéger la retraite de l’armée française, se battant jusqu’à leur dernière cartouche et parfois au corps à corps, n’a pu qu’accentuer une rage extrême du côté allemand et la volonté de faire payer aux tirailleurs les lourdes pertes infligées à la Wehrmacht. Il faut enfin voir dans ces massacres certaines résurgences de la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle les soldats africains inspirèrent une véritable terreur aux troupes allemandes, ainsi que la volonté de venger ce qui avait été vécu en Allemagne comme une humiliation (« Die schwarze Schande », la « honte noire ») : l’occupation de la rive droite du Rhin entre 1919 et 1923 par les troupes coloniales.