CNRD 2016-2017 : La négation de l’homme dans l’univers concentrationnaire nazi

CNRD 2016-2017 : La négation de l’homme dans l’univers concentrationnaire nazi

La négation de l’homme dans l’univers concentrationnaire nazi

Enjeux et perspectives :

Résistance 16|17 : bulletin pédagogique annuel du Musée de la Résistance nationale
Résistance 16|17 : bulletin pédagogique annuel du Musée de la Résistance nationale

Travailler sur le thème retenu par le jury national du CNRD pour 2017, c’est pénétrer au plus profond de l’expérience totalitaire nazie, au cœur de son projet criminel.

La négation de l’homme dans l’univers concentrationnaire nazi trouve son origine dans l’idéologie développée par Hitler et ses complices. Fondé sur un dévoiement de l’idée de nature et sur l’existence supposée de races humaines, le nazisme détermine ceux qui appartiennent à la « race supérieure », dite « germanique » ou « aryenne » et leur arroge le droit de dominer les « races » considérées comme « inférieures », en premier lieu la « race juive ». Cette perception de l’humanité se traduit par l’élimination de membres de la « race inférieure » qui, selon les critères nazis, présentent des « tares » et ne méritent pas de vivre. Réécrivant l’histoire, les idéologues nazis désignent les forces censées représenter un danger pour l’Allemagne et appellent les Allemands à les combattre sous la direction d’un guide, pour les séparer de la population allemande, les chasser des territoires allemands voire les anéantir pour éviter toute menace dans l’avenir de l’Allemagne.

Les camps de concentration, ouverts pour briser l’opposition politique, deviennent rapidement des instruments au service du projet idéologique nazi. La répression qui s’exerce sur les détenus est en phase avec la vision du monde des nazis. Cette logique répressive se renforce à mesure que le système concentrationnaire se développe et demeure quand la logique économique de la Guerre totale tend à s’imposer dans le fonctionnement des camps de concentration.

Les témoignages laissés par les détenus décrivent une mécanique implacable, destinée à utiliser l’humain jusqu’aux limites de sa résistance physique ou psychologique, à remplacer tout homme devenu inutile par un autre comme s’il ne s’agissait que d’éléments interchangeables. Malgré la volonté de tenir et de faire face, malgré les solidarités individuelles et collectives, la plupart des déportés ont eu le sentiment d’avoir été privés de leur dignité et de leur intégrité, parce que niés en tant qu’êtres humains.

Dans les camps d’extermination, les nazis ont poussé jusqu’à son terme la négation de l’homme. Le processus génocidaire, amorcé par l’idée d’une sous-humanité, est mis en œuvre par les exécutions de masse par balles puis par l’ouverture des centres de mise à mort. Le massacre rationalisé et organisé de millions d’êtres humains, parce que juifs, parce que ne devant pas vivre selon les critères nazis, a marqué l’entrée de l’humanité dans une ère nouvelle et inquiétante. C’est pourquoi, avant même la fin de la guerre, s’est posée la question du jugement des criminels et de leur condamnation, du fait de l’ampleur des crimes commis, complètement révélés après la découverte des camps et les enquêtes qui ont suivi. Immédiatement, les rescapés, mais aussi les philosophes, les penseurs politiques, les théologiens, mais aussi les historiens, les juristes, les scientifiques, ont tenté de réfléchir sur ce qu’il s’était passé dans les camps nazis. De grands textes en ont résulté. Certains s’interrogent sur la condition humaine, tels ceux de Robert Antelme et de Primo Levi, d’autres la font progresser, comme le Code de Nuremberg ou la Déclaration universelle des droits de l’Homme.

Les candidats au CNRD sont conviés à prendre la mesure des événements dramatiques qui se sont déroulés dans l’univers concentrationnaire et à comprendre comment de tels actes ont pu se produire. Ils sont surtout incités à repérer comment les déportés sont parvenus à faire face, ont voulu demeurer ou sont restés des êtres humains à part entière malgré les tentatives de déshumanisation individuelle ou collective mises en œuvre par les SS et leurs complices. Le thème 2017 du CNRD ne doit donc pas être abordé comme la seule évocation de l’entreprise de destruction d’hommes par d’autres hommes au nom d’une vision inégalitaire de l’humanité mais comme la démonstration de la capacité des êtres humains à défendre et à faire vivre un idéal de liberté et de solidarité pour tous au nom de l’unicité de l’espèce humaine.


Ressources proposées par le Musée de la Résistance nationale :

  • Icône hyperlienCollections disponibles sur le portail du CNRD-Canopé, des ressources pour participer : Thème 2017
  • Rencontre académique co-organisée par le MRN sur le thème Concours national de la Résistance et de la Déportation (Hôtel du département à Créteil, 25/11/2016).

    Crédits : TVAL, Unité de Production Audiovisuelle – Conseil départemental du Val-de-Marne