Témoignages

Réseau : Georges France 31

Mes parents étaient retirés à l’Ile de Bréhat. Pendant la guerre il y avait une zone interdite pour toute la côte. Etant étudiante et ayant mes parents sur la côte, j’avais le droit de circuler entre Rennes et Bréhat. Nous avions une double activité de Résistance. D’une part, nous avons beaucoup contribué à faire s’évader les Français qui voulaient gagner l’Angleterre pour combattre. Et puis nous avons fourni aux Alliés des renseignements sur les défenses côtières. Pendant l’été, j’avais circulé un peu sur toute la côte pour regrouper des renseignements. L’hiver, j’effectuais la liaison entre Rennes, où nous avions les responsables de notre groupe, et Paris. Notre responsable était ingénieur en chef à la gare, il connaissait donc tous les déplacements de trains ce qui était très précieux. Un jour notre radio a été arrêté à la suite de quoi nous prîmes contact avec un groupe parallèle qui s’occupait des armes, et là, il y avait malheureusement un petit groupe d’agents doubles. L’un d’entre eux a travaillé un mois environ avec nous. Nous étions 14 dans notre groupe. Au bout d’un mois il a vendu les 14 pour de l’argent à la Gestapo.

• Interview de Marie-Jo Chombart de Lauwe, 4 mai 1967. (Coll. MRN).

Jean Cavaillès et le réseau Cahors

Dès les premières réunions de ces " mains ", groupant des éléments intelligents et sûrs et dont le but était de préparer un plan d’action et même de gouvernement opposant au danger des principes totalitaires une doctrine cohérente, Jean se rendit compte qu’une activité plus vaste s’offrait à lui : ces comités d’étude dont les apports très divers se révélaient intéressants pouvaient se transformer en sections de renseignements. Jean forma alors le projet d’étendre cette organisation, non seulement à la Région parisienne, mais à la province occupée - et même à la Belgique. Il recruta des agents qui assuraient la liaison entre les diverses régions et centralisaient les résultats obtenus. Lui-même établit à l’origine le contact avec la zone non occupée ; un courrier régulier devint rapidement nécessaire : son réseau était créé. Il devait, tout naturellement, donner naissance à un réseau d’action.

• Gabrielle Ferrières, in Jean Cavaillès, Seuil, 1982.

Service B des F.T.P.

Le 1er janvier 1943, je rejoins Paris. Rol-Tanguy me met en contact avec l’Etat-Major National des Francs-Tireurs et Partisans Français, par les moyens qui étaient ceux de l’époque, et voilà qu’on me demande de m’occuper de " Renseignement ". C’est ainsi que pendant dix-sept mois j’ai travaillé au Service National des Renseignements des F.T.P.F. Ces renseignements étaient, chacun s’en doute, très importants par leur masse. Il y avait des sortes de techniciens, des spécialistes du renseignement, mais il nous en venait en plus des endroits les plus divers et les plus inattendus aux yeux de certains. Par exemple, nous recevions des renseignements des usines, du fond des campagnes, parce qu’il y avait dans ces usines et dans ces campagnes des militants qui renseignaient, qui avaient, comme on disait " la filière ". Par ces contacts, nous avions des renseignements de premier ordre et de toutes sortes, que jamais un spécialiste n’aurait pu se procurer. Il fallait dépouiller cette masse formidable. Il fallait reproduire ces renseignements qui nous parvenaient de toute la France, parfois sur les papiers les plus invraisemblables : espaces blancs de journaux, fragments de sacs de ciment, jusqu’à du papier hygiénique ! Chacune des informations était tapée sur papier mince, en triple exemplaire. Les renseignements recueillis par le service B des F.T.P. parvenaient aussi à Londres ".

• Marcel Hamon, in Notre Musée, n° 14, janvier 1967. (Coll. MRN).

Le T.A. (Travail Allemand) à l’intérieur de la Wehrmacht

Avec des papiers de " véritable Française ", j’obtins un poste dans les services postaux de campagne, où une occupation d’apparence absurde me fut attribuée : je devait établir la liste de tous les envois d’argent en provenance d’Allemagne, en les classant d’après les numéros des secteurs postaux, avec le montant des sommes envoyées. J’avais donc seulement des noms, des grades, des numéros de secteurs postaux, des expéditions et des chiffres représentant les sommes reçues et ne savais vraiment pas ce que j’en pourrais tirer... Grâce aux changements de numéros, on pouvait connaître les différents mouvements de troupes dans tout le sud de la France ; je connus bientôt les numéros des différentes unités, ainsi que celui du secteur postal de la Gestapo, si bien que je fis en sorte d’établir exactement tout ce qui parvenait à ce numéro...

• Dora Schaul, exilée antifasciste allemande. (Coll. MRN).

Le sabotage du 17 juillet 1941

On était convenu que Lumeau ferait le guet au virage de la voie, muni d’un mauvais revolver en guise de protection et d’une lampe électrique pour donner l’alerte par trois allumages successifs en cas de nécessité pour " décrocher " en vitesse. Nous restions donc à quatre, et ce n’est pas de trop pour débloquer les tire-fond, un de chaque côté à chaque traverse, en bois dur, comme on ne peut se l’imaginer. Après, il y a les boulons et les écrous des éclisses. Là, il faut des bras musclés pour déboulonner les plaques épaisses qui tiennent de chaque côté le rail bien en ligne en bout à bout. Difficile de dévisser : souvent c’est rouillé, comme si c’était soudé ! On en a attrapé une bonne suée et des ampoules aux mains. Nous n’avions pas le temps de souffler et il fallait éviter de faire du bruit. Facile à dire : du fer et de l’acier qui s’entrechoquent, cela résonne et s’entend encore plus dans le silence de la nuit ! Mais, bien sûr, on avait laissé les rails en place. On s’était " planqué " à plat ventre, en bas du talus. Il n’y aurait plus qu’à remonter pour riper chaque rail, avec des barres à mine - tout en respectant les minutes imparties qui défilent dans ces cas-là à toute allure. (...) Nous nous sommes cachés à proximité, là où cela nous paraissait possible, dans notre improvisation soudaine... et à peine avions-nous ainsi raisonné que le convoi arrivait dans un bruit terrible, pire que le tonnerre, un vacarme de tonnes de ferrailles heurtant d’autres tonnes de ferrailles. Puis, une gerbe de feu illuminait le ballast, et tous les environs. "

• Roger Linet, in 1933-1943 - La traversée de la tourmente, Editions Messidor, 1990.

La première combattante

Micheline, qui était ouvrière dans la confection masculine parisienne, fut contactée par la Résistance dès 1940. Mais elle n’avait pas le droit de quitter son travail car l’entreprise Cholet-Bérard, dans le XIIIème, travaillait pour l’armée. Elle posa donc volontairement une poche-revolver sur le bas d’un pantalon, ce qui motiva son licenciement immédiat. D’abord organisatrice de groupes de résistants dans la Région parisienne, puis responsable d’un important service de renseignements, elle demande bientôt à participer à l’action armée. Enrôlée le 15 septembre 1942, elle participait dès le 20 à l’attaque d’un hôtel occupé par les Allemands près du pont de l’Europe. Parmi d’autres missions, elle exécuta un officier allemand rue Violet. Arrêtée avec d’autres camarades juste avant une nouvelle opération, elle fut affreusement torturée par les brigades spéciales. Cette femme, qui fut la première à être enrôlée dans les groupes de combat FTP, fut déportée à Ravensbrück sans que ses tortionnaires aient réussi à lui arracher le moindre renseignement.

• Gisèle Joannès rend hommage à Micheline Grouwier, in Les Inconnus de la Résistance, Editions Messidor, 1985. (Coll. MRN).

Soldats sans uniforme

Presque tous recrutés pendant le printemps ou l’été, ils n’avaient pu partir de chez eux qu’avec les vêtements normaux pour la saison, c’est-à-dire pour des jeunes ouvriers ou des petits paysans des pantalons de coton, un chandail rapiécé, et quelquefois une veste des dimanches en laine. Les mauvais souliers à semelles de bois qu’ils portaient étaient déjà complètement usés. Nous n’avons reçu que de très rares parachutages de brodequins, aucun lainage et nos hommes étaient armées à raison d’un revolver pour cinq hommes et d’un fusil pour dix hommes en moyenne. Trop souvent dirigés sur des groupes privilégiés, les parachutages se faisaient de plus en plus rares et le moral était fort bas dans beaucoup de départements.

• Michel Brault "Service National Maquis", in Henri Noguères, Histoire de la Résistance, tome III, Editions Laffont, 1985.

Arrivée d’un aviateur anglais

Au mois d’août 1943, un aviateur anglais a été descendu par la DCA allemande au-dessus de Montambert dans la Nièvre. Les gars de là-bas l’ont dirigé vers Saint-Martin, puis ceux-ci, avec qui j’avais des contacts lors des parachutages, me l’ont envoyé à Beaulon. Je l’ai logé deux jours. A cette époque, je ne couchais pas à la maison, mais dans un champ de topinambours un peu plus loin. J’ai prévenu le maquis voisin de son arrivée prochaine, puis j’ai dit à mon fils : "Emmène-le à la pêche." La maison était à 80 mètres de la Loire, ils sont ainsi, tranquillement, partis pêcher. Je lui ai fait traverser le fleuve et l’ai conduit dans la forêt de Germiny, jusqu’au maquis.

• Charles Robert, in Les Inconnus de la Résistance, Editions Messidor, 1985. (Coll. MRN).

Arrivée d’un antifasciste allemand à la 235ème Compagnie F.T.P. de Corrèze

Le garçon en bleu de travail et bottes de caoutchouc, sa mitraillette Thompson sous le bras, Michel, me fit en souriant signe d’avancer. "Pourquoi t’ont-ils mis ces menottes ?", m’a-t-il demandé. "Ils voulaient me condamner à mort à Paris parce que je suis un résistant antinazi allemand", lui ai-je répondu. Alors il m’a embrassé en disant : "Moi, je suis condamné à mort par contumace, tu vois qu’on vit très bien avec ça. "Puis mes nouveaux camarades m’ont donné une mitraillette et le nom de guerre de "Rescapé".

• Gérard Léo, in Les Inconnus de la Résistance, Editions Messidor, 1985. (Coll. MRN).

Sabotages économiques dans la Nièvre

Bref, après le pont-canal le tour est venu de l’écluse de Leray. Pour bloquer le ciment de l’usine Poliet et Chausson en même temps que le blé des silos plus au nord. Et pour compléter le tout on a fait sauter le pont de Torteron... Nous avec Léon Vaszick, pour arrêter l’usine Poliet et Chausson par l’autre côté, nous avons coupé sur Guérigny la ligne de 90 000 volts qui alimente la sous-station de Fourchambault. On a aussi fait sauter les transformateurs de l’usine de la Marine à Guérigny. Il faut dire que toutes les lignes à haute tension par là on les a sabotées... tout en continuant les déraillements. Dans notre région, on était des privilégiés : un canal, une grande ligne de chemin de fer, des lignes à haute tension, des usines... On avait tout pour faire mal aux nazis ! Les sabotages, on les faisait avec la dynamite qui nous était fournie par les gars de chez Poliet et Chausson...

• Témoignage de Bourdèche et de Barbier compagnons de combat de Roland Champenier, commandant des maquis F.T.P. Cher-Nièvre, in La France des maquis, Collection La Résistance par ceux qui l’ont faite, Editions Denoël, 1964.

Rallier la population

Notre force est réelle ; pouvoir la montrer au grand public, à la lumière bénie du jour, tel est le rêve qui me poursuit. Si tous ceux qui nous côtoient haussent les épaules quand on leur parle des méfaits de terroristes, j’ai la conviction que cette propagande éloigne de nous des jeunes et peut-être aussi des cadres. Je suis dans ces dispositions d’esprit quand, à l’une de nos fréquentes réunions d’officiers, l’un d’eux me pose cette simple question : "Que faisons-nous pour le 11 novembre ?" Il voulait parler de l’emploi du temps ce jour-là. Mais, sortant de ma réserve, je suggère de défiler dans une ville. Contre toute attente, l’accueil est vibrant. Nous décidons de rechercher le lieu où les réactions des habitants seront les plus chaleureuses et où les Allemands seront en petit nombre. Chabot et Montréal sont chargés de faire des propositions. Quelques jours plus tard, je choisis Oyonnax, cité ouvrière, grosse de douze mille habitants, car le commissaire de police fait partie de la Résistance et nous y avons de nombreux amis.

• Colonel Romans-Petit, Les Obstinés, Edition Janicot, 1945.

Interrompre les transports de l’ennemi aux Glières

Les Allemands sont là pour récupérer les locomotives sabotées. En Septembre 1943, j’ai pu assister au sabotage des deux premières. La voie Annecy/La Roche est celle qui comporte les plus fortes pentes en France, jusqu’à vingt pour mille, de ce fait, tous les convois étaient tractés par deux locomotives. Le convoi allant d’Annecy à La Roche (c’était un train de marchandises) était stoppé par des pétards d’arrêt à la sortie du tunnel d’Evires. La voie avait été déboulonnée sur plusieurs longueurs de rails, dans la courbe, à cinq cents mètres de là. La première locomotive est envoyée à toute vitesse et plonge dans le remblai. Elle arrive pratiquement verticale au bas de la pente et se renverse dans un immense nuage de vapeur. C’est la "bataille du rail" grandeur nature. La seconde est lancée à son tour. Lorsqu’elle arrive dans la courbe, les rails ont disparu. Elle broie les traverses et le ballast, et s’arrête au bord de la voie. Nous pensons tout d’abord que c’est loupé pour celle-là et puis, millimètre par millimètre, elle penche insensiblement et elle roule, à côté de l’autre, au pied du talus. Ce sont les cheminots eux-mêmes qui ont exécuté la manoeuvre de lancement. La troisième locomotive a été sabotée quelques temps après.

• Constant Paisant, in Combattant des Glières, Editions Curandera, 1994.

A Caluire contre une colonne

Ayant remarqué que l’infanterie allemande accomplissait régulièrement des manoeuvres d’entraînement au Fort Montessuy, et que, systématiquement, elle réintégrait sa caserne par le même chemin, il fut décidé d’organiser une attaque pendant ce trajet de retour. Après avoir attentivement étudié les lieux, ainsi que le chemin de retraite, un commando de trois hommes, dirigé par le Commandant Krakus (dit Roman) fut désigné. Le 3 novembre 1943, nos partisans prirent position sur les hauteurs surplombant la route où l’action avait été décidée. Ils étaient munis de deux puissantes bombes artisanales d’environ 5 kg chacune et de deux grenades défensives. Au moment où la colonne, forte d’environ 80 hommes, passait en chantant, la totalité de ces explosifs leur fut envoyée. Les détonations furent formidables et entendues à plusieurs kilomètres. Peu ou prou, toute la colonne fut atteinte, et le nombre de morts et de blessés très important. Notre groupe se replia rapidement, pendant que les Allemands ramassaient leurs cadavres. (...)

• Léon Landini, in plaquette Souvenir du Bataillon FTP-MOI Carmagnole-Liberté.

Attaque d’un convoi d’ouvriers requis

Il s’agit, sur la nationale 24, entre Baud et Languidic, d’intercepter un camion de l’organisation allemande Todt, assurant le transport d’ouvriers français requis pour la construction du fameux mur de l’Atlantique. A un signal, l’équipe chargée de l’interception se précipite sur la chaussée. Stupéfait, le chauffeur, seul dans la cabine, écrase instinctivement la pédale de ses freins. Déjà, les hommes qui ont mission de regrouper les ouvriers, les font descendre et les parquent derrière une haie vive. Jacques repoussant le chauffeur a pris les commandes. Ayant fait embarquer presquement nos gars, je donne le signal de départ. Nous devons conduire le camion dans un bois proche où il sera détruit. Sur notre trajet, les habitants de Lann-Menhir, alertés je ne sais comment, nous regardent et nous font de grands gestes d’amitié...

• Témoignage de l’ancien chef de section de la 4ème Compagnie du 1er Bataillon FTP du Morbihan, cité par Roger Le Hyaric, in Maquisard, chez l’auteur, 1992.

Au Vercors, tenir malgré l’attaque générale allemande

C’est au Rang des Pourrets, au-dessus de Saint-Agnan-en-Vercors, que je reçus l’ordre de relever, à Pré-Grandu, la compagnie Henri en position devant les Pas qui bordent la face sud-est du Vercors, face à la Nationale 75. Avec les restes de cette compagnie, joints à mes éléments, j’aurai à interdire la descente du plateau de Beurre aux Allemands installés sur le Grand Veymont et la Tête de la Graillé... Nous faisons mouvement de Saint-Agnan à Pré-Grandu par un temps à ne pas mettre un chien dehors, tellement il pleut. Nous ne sommes pas informés des buts de ce mouvement. Il ne manque pas de nous surprendre aussi, à tout hasard, avons-nous emmené ce qui restait de ravitaillement au cantonnement. Une semaine de vivres, tout au plus. En plus de notre armement individuel, mitraillette, fusil et grenades, notre armement collectif est uniquement composé de fusils-mitrailleurs. J’installe mon P.C. dans un repli rocailleux, derrière la Grande Cabane et répartis les éléments de défense face à l’objet de ma mission. Pendant six jours, chacun devra supporter les bombardements au mortier des Allemands. Il nous est difficile d’y répondre faute d’engins à tir courbe.

• Georges Jouneau, commandant Georges au Vercors, in La France du Maquis, Collection La Résistance par ceux qui l’ont faite, Editions Denoël, 1964.

Aide au maquis dans les Vosges

Il s’appelait R. Roussel, on le surnommait "le Grand Bon Dieu". Je ne lui connaissais pour ma part aucune attache avec une organisation de résistance. Un jour, dans le petit village de Montagne où il vivait, il reçut deux résistants du maquis de Cercieux qui étaient traqués et suivis par les Allemands. Passés à tabac, les deux résistants ont été déportés et ne sont pas revenus. Le chien de Roussel a été tué, sa maison brûlée. Quant à lui, après de nombreux coups, les Allemands l’achevèrent. Il fut enterré comme son chien sans fleurs ni couronnes. Responsable local du groupe de FTP de Frémifontaine, je fus chargé de récupérer avec deux de mes hommes des cartes d’alimentation pour le maquis. Nous fîmes l’opération à Montagne, et au milieu de la nuit nous déposâmes une gerbe sur la tombe du Grand Bon Dieu.

• Paul Baradel, in Les Inconnus de la Résistance, Editions Messidor, 1985. (Coll. MRN).

Aide au maquis dans le Jura

En mars 1943 on forma le premier groupe de maquisards de la région à l’initiative des réseaux de l’Armée Secrète. Charles Gruet, boulanger à Saint-Claude, accepta de faire deux fois par semaine le pain pour le maquis. Le 18 décembre de la même année, un mouchard conduisit les tueurs de la Gestapo chez le boulanger. Ils le placèrent avec son frères Georges en tête de leur colonne pour qu’ils la conduisent jusqu’au maquis. Le boulanger et son frère emmenèrent les Allemands dans la direction opposée. Lorsqu’ils comprirent qu’ils avaient été floués, les Allemands fusillèrent les deux frères sur place à six heures du matin.

• Pendant ce temps le maquis avait décroché. Victor Gros, in Les Inconnus de la Résistance, Editions Messidor, 1985. (Coll. MRN).

Aide au maquis dans le Cantal

Au printemps 1944, un groupe d’environ 35 maquisards cheminent sur le plateau du Cézallier, dans le Haut-Cantal. Ils reviennent du Mont-Mouchet où ils viennent de livrer bataille à l’occupant nazi. Lorsqu’ils passent à proximité d’une ferme isolée, ils se voient invités par le "maître des lieux" à partager le modeste repas de sa famille. La totalité de la production laitière de la journée y passe, et ils repartent en apportant quelques vivres et le conseil d’éviter une ferme dont le propriétaire est soupçonné d’intelligence avec l’occupant. Ce fermier accueillant avait six enfants, parmi lesquels ma mère aujourd’hui âgée de soixante et un ans qui m’a raconté cet épisode.

• Marcel Andrieux, in Les Inconnus de la Résistance, Editions Messidor, 1985. (Coll. MRN).




Se déconnecter | | Plan du site