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En complément, quelques biographies (partie 8)

Henri Laugier (1888-1973)
Scientifique, premier directeur du CNRS, il rejoint l’Angleterre le 18 juin 1940 en compagnie d’autres savants français. Il reprend une carrière universitaire au Canada et se rapproche de la France Libre en 1942. Il prend alors la direction du comité France for ever qui devient une redoutable machine de propagande visant à soutenir la France Libre et à réduire l’influence des cercles antigaullistes aux États-Unis. Nommé recteur de l’université d’Alger en 1943, il abroge les mesures du régime de Vichy et participe activement à la vie politique et intellectuelle algérienne. Des 1947 à 1952, il est le premier secrétaire général adjoint français de l’ONU et joue un rôle déterminant dans l’adoption de la Déclaration universelle des Droits de l’homme.

Élisabeth de Miribel (1914-2005)
Descendante du maréchal Mac-Mahon, elle est employée de la Mission française de guerre économique à Londres en 1940. Refusant la défaite, elle décide de rester en Angleterre. Contactée par son camarade d’enfance Geoffroy Chodron de Courcel, elle est amenée à taper à la machine le texte de l’appel du 18 Juin qu’elle n’entendra pas. En juillet, elle est envoyée au Canada où son action permet de rallier l’opinion et le gouvernement canadiens à la cause gaulliste. En avril 1944, elle part pour le front d’Italie comme correspondante de guerre avant de rejoindre la 2e DB en Normandie. Elle couvre la progression de l’unité jusqu’à Paris.

Émile Muselier (1882-1965)
Vice-amiral en 1939, il est mis à la retraite anticipée dès octobre par l’amiral Darlan qui voit en lui un rival. Après l’Armistice, il quitte la France pour Londres et rallie la France Libre. Il se voit confier la création des Forces navales Françaises Libres (FNFL) et des Forces aériennes Françaises Libres (FAFL). Il dote la France Libre de son symbole : la croix de Lorraine. Intégré au Comité national français en septembre 1941, il finit par en démissionner et perd le commandement des FNFL en mars 1942. Il s’éloigne de la France Libre et rejoint le général Giraud en mai 1943.
Compagnon de la Libération, 1941.

René Pleven (1901-1993)
Directeur de société, il est chef adjoint du Comité de coordination franco-britannique en 1939. En décembre, il part aux États-Unis négocier l’achat d’avions américains. Il rallie la France Libre. Il négocie avec René Cassin les accords franco-britanniques du 7 août 1940 et contribue au ralliement du Tchad à la France Libre. Envoyé aux États-Unis afin d’obtenir l’aide financière américaine pour la France Libre, en septembre 1941, il est nommé commissaire à l’Économie, aux Finances et aux Colonies du Comité national français. En juin 1943, il devient commissaire aux Colonies au sein du CFLN. Il prépare la conférence de Brazzaville qui prépare l’évolution de l’Empire vers l’Union française. Il est ministre des Colonies du GPRF puis ministre des Finances.
Compagnon de la Libération, 1943.

Maurice Schumann (1911-1998)
Journaliste et militant de la démocratie chrétienne, il s’oppose aux accords de Munich. Engagé volontaire en 1939, il est affecté un poste d’officier de liaison avec l’armée britannique. Fait prisonnier, il parvient à s’évader. En juin 1940, il se rallie au général de Gaulle qui en fait son porte-parole officiel. À ce titre, il assure la chronique « Honneur et Patrie » que la BBC accorde à la France Libre. Il contre avec efficacité la propagande de Radio Nationale ou de Radio-Paris. Le 14 juin 1944, il accueille le chef de la France combattante à Bayeux par l’annonce rituelle : « Honneur et Patrie, voici le général de Gaulle ! »
Compagnon de la Libération, 1945.

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