Rencontre autour de l’ouvrage « Mémoire gravée »

Rencontre autour de l’ouvrage « Mémoire gravée »

Le mardi 23 mai à à 19 heures, à la librairie l’écume des pages (Paris 6e), Gisèle Provost, fille de Pierre Provost évoquera le parcours de son père et la résistance au camp de Buchenwald notamment au travers de son ouvrage publié aux éditions Loubatières, Mémoire gravée.

Les archives de Pierre Provost concernant sa résistance et sa déportation sont conservées au Musée de la Résistance nationale à Champigny-sur-Marne.

Rencontre de 19 heures à minuit
Librairie l’écume des pages
174 boulevard Saint-Germain
75006 Paris
Invitation à télécharger ici.

Gisèle Provost, Mémoire gravée

Né en 1895, Pierre Provost  est technicien d’outillage et artiste graveur. Dans l’entre-deux-guerres, avec Dino Griotto, un graveur antifasciste italien réfugié en France, il participe à des actions de solidarité envers les réfugiés antifascistes et à la lutte syndicale notamment dans le secteur d’Argenteuil. Mobilisé, Pierre Provost participe à la Drôle de Guerre. En octobre 1940,il rejoint l’Organisation spéciale du Parti communiste. Parallèlement, dans l’atelier clandestin de Griotto, au 22 de la rue de Tlemcen à Paris (20e arrondissement), il confectionne clandestinement cartes d’identité, passeports, tampons militaires allemands pour franchir la ligne de démarcation, en liaison avec le réseau de Léopold Trepper. Le 23 décembre 1942, Dino Griotto et sa femme sont arrêtés et l’atelier clandestin saisi. Pierre Provost rejoint les FTP du secteur de Villejuif en mai 1943 sous le pseudonyme de « Pierrot ». Il est arrêté par la Gestapo le 27 juillet 1943 et successivement interné à Fresnes, Romainville et au Frontstalag 122 à Compiègne.
Il est déporté par le 17 janvier 1944 au camp de Buchenwald où il poursuit son action de résistance. Affecté à l’usine Siemens MI BAU qui fabrique le pilote automatique qui guide le V1, il procède à des sabotages et profite des alertes pour confectionner clandestinement des œuvres d’art (les SS et le personnel civil allemand ayant regagné les abris, les détenus peuvent travailler en « toute liberté » bien que sous la menace des bombes et des mouchards). Les usines Mittelbau sont anéanties par les bombardement alliés du 24 août 1944. Pierre Provost met également ses talents d’outilleur et de graveur au service des plus affaiblis en confectionnant clandestinement, avec des outils qu’il a fabriqués, des faux tampons pour de faux certificats du docteur SS permettant d’obtenir des repas supplémentaires.
Pierre Provost participe à l’insurrection de Buchenwald le 11 avril 1945.
De retour de Déportation, il est nommé graveur artiste aux Beaux-Arts et réalise des productions pour le compte de l’Etat, des commandes officielles (notamment une médaille de la Déportation). Dans cette période, Pierre Provost présente fréquemment ses outils de graveur dans le cadre d’expositions sur la Résistance et la Déportation.

Briquet Pierre Provost, Buchenwald.

Briquet en bronze, fabriqué durant sa déportation à Buchenwald par l’artiste-graveur Pierre Provost, avec un hommage gravé à la Croix-Rouge.
Ce briquet fait partie des éléments présentés dans l’exposition virtuelle « La Résistance par les objets » sur le site musée de la résistance en ligne où il est visible en 3D (à découvrir ici)
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