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Paris,
26 août 1944 ...
Devant
moi, les Champs-Elysées !
Ah
! C'est la mer ! Une foule immense est massée de part et d'autres
de la chaussée. Peut-être deux millions d'âmes. Les toits aussi
sont noirs de monde. A toutes les fenêtres s'entassent des groupes
compacts, pêle-mêle avec des drapeaux. Des grappes humaines sont
accrochées à des échelles, des mâts, des réverbères. Si loin que
porte ma vue, ce n'est qu'une houle vivante, dans le soleil, sous
le tricolore.
Je vais à pied. Ce n'est pas le jour de passer une revue où brillent
les armes et sonnent les fanfares. Il s'agit, aujourd'hui, de rendre
à lui-même, par le spectacle de sa joie et l'évidence de sa liberté,
un peuple qui fut, hier, écrasé par la défaite et dispersé par la
servitude. (...)
Charles
de Gaulle, Mémoires de guerre - L'Unité, Editions Plon,
1956
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