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Le 22 octobre 1941, l'occupant fusille 50 otages tirés des prisons
de Nantes et du camp de Choisel. Parmi eux, 27 communistes spécialement
choisis par les autorités françaises et allemandes comme particulièrement
dangereux. Ce sont principalement des dirigeants syndicaux et des
élus. Liste parue dans la presse. (Coll. MRN).

Lors de la grève des mineurs du Nord et du Pas-de-Calais, est diffusé,
notamment en langue polonaise, un appel aux très nombreux travailleurs
polonais des bassins. (Coll. Musée de Denain).

Papillon clandestin d'origine syndicale. (Coll. MRN).

Papillon clandestin du Mouvement Combat. (Coll. MRN).

Tract syndical, Union départementale des syndicats clandestins CGT
du Cher. (Coll. MRN).
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Le
front intérieur qui se construit en France comme dans l'ensemble
des pays occupés n'a rien à voir avec les fronts d'une guerre classique.
Dès le début, le terrain des luttes sociales est primordial dans
le combat national. Toute action revendicative - débrayage,
ralentissement des cadences, grève perlée ou ouverte - affaiblit
la production au profit de l'Allemagne, freine la dégradation des
conditions de vie des travailleurs, et ébranle la résignation. Dès
l'été 1940, et durant les 4 années d'occupation, dans les deux zones,
les exemples sont innombrables. Cependant par l'ampleur du nombre
de grévistes (100 000), la durée (1 mois), les pertes économiques
subies par l'occupant (500 000 tonnes de charbon), la grève
des mineurs des bassins du Nord et du Pas-de-Calais en mai - juin
1941 demeure exemplaire. Toute action populaire contre le chômage,
contre la vie chère, les difficultés de ravitaillement - pétitions,
manifestations - fait obstacle au pillage allemand en même temps
qu'elle protège la vie des Français. Dans ces initiatives, la mobilisation
des femmes est importante et prend de plus en plus un caractère
de masse. Ainsi, en mai 1944, à Marseille, les femmes déclenchent
des actions revendicatives qui se transforment en un mouvement insurrectionnel.
En relation avec le Service du travail obligatoire (STO) se développent
des refus concertés. Les manifestations à Montluçon ou à Romans
qui permettent la fuite des travailleurs requis en empêchant le
départ des convois pour l'Allemagne ne sont ni uniques, ni isolées.
Les traditions de lutte et d'organisation de la classe ouvrière
constituent la base d'une véritable résistance ouvrière.
Dans
les deux zones, cette résistance est animée essentiellement
par le Parti communiste et des Comités populaires qu'il impulse,
et par des syndicalistes cégétistes, tel Christian Pineau, qui refusent
la politique antisyndicale du gouvernement de Vichy. Les syndicats
se reconstituent clandestinement, particulièrement par la CGT réunifiée
en 1943. En zone sud, des Mouvements développent aussi l'action
dans les entreprises: Libération avec le Mouvement ouvrier français
(MOF), Combat avec l'Action ouvrière. A la campagne, le pillage
de l'occupant et le carcan bureaucratique et étatique de l'"Etat
Français" réactivent les traditions ancestrales des luttes paysannes:
refus des réquisitions des récoltes et du bétail, de l'alourdissement
de l'imposition, du dirigisme des corporations... Cette résistance
s'intègre à la Résistance en général, notamment par l'aide aux maquis
et aux réfractaires au STO.
Ces
mouvements revendicatifs apparaissent au premier plan dans les préoccupations
de l'occupant et du gouvernement de Vichy. La répression - où
collabore souvent patronat et police - est systématique et
sans cesse agravée, même si parfois des concessions sont jugées
nécessaires pour éviter le pire. Cette inquiétude n'est pas vaine.
Coups d'épingles multipliés ou actions plus audacieuses, ces luttes
obstinées affaiblissent en permanence le potentiel économique de
l'Allemagne, conjuguant leurs effets à ceux des sabotages et à ceux
des bombardements. En outre, elles enracinent en milieu populaire
un esprit de refus et de combativité qui isole de plus en plus l'occupant
et l''Etat Français", et qui constitue un tremplin pour l'essor
général de la Résistance. La CGT et la CFTC sont d'ailleurs membres
fondateurs du Conseil national de la Résistance (CNR).
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