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Fabien, auteur de l'attentat du métro Barbès, le 21 août 1941, contre
un officier allemand, sous l'apparence d'un curé, 1942. (Coll. MRN).

Fiche de recherche de Léopold Trepper diffusée par la police française,
1943. Dirigeant de "l'Orchestre Rouge" en France. Trepper n'est
identifié que comme "chef d'un groupe de terroristes dangereux".

Trois agents de liaison. Les femmes jouent un rôle essentiel dans
la transmission des messages et des documents au sein des organisations
de résistance. Le vélo fut le moyen de transport le plus utilisé,
parfois sur de longues distances. Sans date. (Coll. MRN).

Poste émetteur installé clandestinement à Saint-Céré (Lot). Ce poste
a été fabriqué par des radioamateurs du maquis. Photo prise dans
la clandestinité, vers 1943. (Coll. FTP du Lot/MRN).

Le Colone Rol
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L'armée
des ombres
Sauter le pas pour entrer dans l'action résistante est la première
difficulté. Ce peut être une rupture avec son propre milieu : le
cas du général de Gaulle est, ici, exemplaire. Et puis, il n'est
pas toujours facile de trouver le contact avec un groupe organisé.
La plupart des résistants engagés dans l'action clandestine continuent
à vivre et à travailler dans leur cadre habituel. Certains particulièrement
recherchés, doivent devenir des clandestins complets, des "illégaux".
Pour
tous les résistants c'est l'ensemble de leur vie qui est bouleversée,
en premier lieu, la vie de couple. Certes mari et femme - parfois
enfants - travaillent de concert. Mais les choses se compliquent
quand l'un des deux seulement est engagé ; les règles de prudence
exigent la discrétion et peuvent mettre en cause la confiance mutuelle.
Plus dure encore la séparation nécessaire pour le résistant ou la
résistante qui doit devenir totalement clandestin, quitter son domicile,
couper avec les siens. Dans la société française
d'alors, le cas des femmes est particulièrement dramatique : le
combat que la mère assume pour assurer l'avenir de ses enfants exige,
dans l'immédiat, qu'elle les prive de sa présence, de son aide,
de son affection ; et qu'elle se prive elle-même de la joie de les
voir vivre et grandir.
Pour
le clandestin, isolé de ses proches, privé de ses ressources habituelles,
couvrir ses besoins les plus élémentaires pose des problèmes aigus.
Il
lui faut trouver une "planque", vivre sous une fausse identité et
la carte d'identité est exigée à toute heure et en tout lieu. Impossible
de se ravitailler sans cartes d'alimentation et sans inscriptions
chez les commerçants, de se vêtir sans cartes spéciales, de se soigner
sans risquer d'être découvert. À partir de 1942, avec le développement
de la réquisition de la main-d'œuvre, sont exigées des cartes de
travail.
La vie du clandestin dépend donc de l'aide des organisations de
résistance. L'organisation de cette intendance sera pour la Résistance
l'un des secteurs vitaux et décisifs de son action. Elle s'appuie
de plus en plus sur les actes de solidarité de la population.
"Illégaux"
ou "légaux", les résistants, en s'intégrant dans un combat clandestin,
entrent dans une vie où la menace de l'arrestation, de l'interrogatoire,
de la torture, de l'emprisonnement et de la mort est suspendue sur
eux. Ils sont en infraction permanente avec la loi : objets interdits
(matériel d'impression, feuilles clandestines, postes émetteurs,
faux papiers, armes, etc.) qui sont entreposés chez eux ou qu'ils
doivent transporter ; un contrôle, une fouille, une perquisition,
et c'est la "chute". Tout déplacement peut être l'occasion d'une
filature de police. Tout rendez-vous avec un autre résistant peut
devenir une embuscade. Pourtant ces contacts réguliers assurés par
des agents de liaison - souvent des femmes - sont indispensables
au fonctionnement de l'organisation. Des consignes strictes et minutieuses
de "vigilance" sont mises au point. Leur application est loin d'être
facile d'autant que dans certaines circonstances, la Résistance
doit se découvrir : prise de parole, manifestations, distribution
de presse, grève, actions armées contre les forces de l'occupant
ou de l'"Etat Français".
Ainsi,
le résistant, en plus des dangers qu'il court et qui mettent sa
vie en péril, doit affronter, comme l'ensemble de la population,
la multitude constante de soucis quotidiens sans cesse aggravés.
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