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Avis d'exécution de deux jeunes communistes parisiens, deux jours
avant l'attentat de Fabien au métro Barbès. Fabien justifie son
geste en affirmant "Titi est vengé " (diminutif de Tyselman).
(Coll. MRN).

Photo de jeunes devant la maison du maire de Villeneuve-la-Garenne
le 14 juillet 1943.

Tract des Comités populaires féminins appelant les mères de France
à lutter contre toute forme de collaboration économique avec l'Allemagne
nazie, à l' origine des difficultés rencontrées par les familles,
1942. (Coll. MRN).

Tract de la France Combattante du Cher appelant à manifester les
19 et 20 septembre 1943. (Coll. MRN).

Tract des jeunes des Mouvements Unis de Résistance (MUR) appelant
à manifester le 14 juillet 1944. (Coll. MRN).
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La
Résistance qui s'ébauche dans les premiers mois de d'Occupation
s'efforce de trouver des formes d'actions adaptées à la pauvreté
des moyens dont elle dispose. Manifester est une façon de montrer
son refus de l'occupation et de la collaboration, d'affirmer son
attachement aux valeurs patriotiques et républicaines.
La
première grande manifestation en zone nord se déroule à Paris le
11 novembre 1940. Depuis juillet, les étudiants et les lycéens multiplient
les actions ponctuelles contre la politique d'épuration du corps
enseignant et de l'enseignement entreprise par Vichy et par l'Occupant.
L'interdiction de toute célébration le 11 novembre 1940 est l'élément
déclencheur : des milliers de jeunes convergent vers la place de
l'Etoile. La répression est sévère.
Ce
même jour, plusieurs puits de mine du Nord-Pas-de-Calais sont en
grève. En effet, le bassin minier est un autre espace de revendication.
Avant même la grande grève des mineurs de mai-juin 1941, de multiples
arrêts de travail et des manifestations de femmes révèlent la mobilisation
populaire contre la politique de collaboration économique avec l'Occupant.
Bien que suscitées par des organisations de mieux en mieux structurées,
dotées de publications et de capacités de diffusion de plus en plus
perfectionnées, les manifestations des années d'Occupation témoignent
constamment d'un engagement qui dépasse largement les seuls résistants.
Malgré les risques encourus (la répression est rigoureuse dès les
premiers mois et se durcit considérablement par la suite), les participants
sont nombreux.
En
zone sud, le 14 juillet, férié mais interdit de célébration, demeure
une date de commémoration républicaine et patriotique grâce à l'organisation
de manifestations sans rassemblement et silencieuses. En zone nord,
des drapeaux tricolores sont apposés sur les bâtiments publics et
les monuments aux morts. La mobilisation est importante, particulièrement
en 1942 et 1943. Le CNR démontre son influence en appelant à manifester
le 11 novembre 1943 : le mouvement est d'ampleur nationale et s'accompagne
de nombreuses grèves. Durant toute la guerre, le 1er mai reste l'occasion
de montrer son attachement à la fête des travailleurs et au mouvement
social, malgré la volonté du régime de Vichy de lui substituer la
saint-Philippe, illustration du culte du Maréchal.
Les protestations peuvent se développer en dehors de ces dates symboles,
en réaction aux décisions de l'Occupant allemand ou de l'Etat français.
Dès 1940, des prises de paroles tentent de sensibiliser la population.
En 1941, des manifestations de femmes sont organisées dans la banlieue
parisienne pour demander la libération des prisonniers de guerre.
En 1942, des étudiants parisiens arborent une étoile de David fantaisiste
pour dénoncer les mesures antisémites (ce qui leur vaut un internement
de trois mois à Drancy). En 1943, des rassemblements tentent de
bloquer les trains du STO en partance pour l'Allemagne (comme à
Montluçon et à Romans). En mai 1944, des femmes de Marseille manifestent
pour plus de pain et contribuent au déclenchement d'une grève générale.
Toutes
les occasions de montrer son désaccord sont exploitées : des sifflets
accompagnent la diffusion des actualités cinématographiques pro-allemande,
les affiches de l'Occupant ou de l'Etat français sont systématiquement
détériorées, le public assiste en nombre aux enterrements des résistants
fusillés ou des aviateurs alliés abattus, etc.
Ces
démonstrations populaires, collectives ou individuelles, revendiquées
ou anonymes, répondent à la propagande nazie ou collaborationniste
qui veut faire croire à l'adhésion massive de la population française.
Elles soulignent que la population n'est plus dupe : au cours des
années, elle est passée d'un attentisme prudent à une passivité
bienveillante puis, à partir de 1943, à une complicité de plus en
plus active. Cette évolution explique la participation générale
au soulèvement national de l'été 1944, stimulée par les multiples
appels à la mobilisation et facilitée par la déliquescence des forces
de répression, encore capables cependant des pires exactions. La
ferveur des défilés de la Libération n'en sera que plus intense.
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