Forces françaises libres
Le général de Gaulle visite en 1943 le sous-marin "Curie". in "La France et son Empire", éd. ELF, 1945
 Reconstruire
 une armée française


Affiche de l'occupant annonçant l'exécution d'ouvriers de l'arsenal de Brest comme gaullistes. (Coll. MRN


Le général de Gaulle accueilli par Félix Eboué, gouverneur général de l'Afrique Equatoriale Française (AEF) sur l'aérodrome de Brazzaville, septembre 1940. éditions ELF, 1946. (D.R).


Tirailleur de la colonne Leclerc montant la garde à Koufra après la prise de l'oasis aux Italiens, en mars 1941. Brochure du CFLN, 1943. (Coll. MRN).


Dans Rome libérée, défilé des tirailleurs marocains, le 4 juin 1944. (Coll. MRN).


Le 15 août 1944, les anglo-américains débarquent en Provence suivis le lendemain par l'armée française commandée par le général De Lattre de Tassigny. In La Bataille de France, brochure alliée, 1944. (Coll. MRN).


Le général Leclerc sur la place Kléber dans Strasbourg libérée le 23 novembre 1944. Ainsi est tenu le serment qu'il avait fait à Koufra, en 1941, de ne pas cesser le combat avant d'avoir libéré Strasbourg. (D.R).

La Résistance extérieure naît le 18 juin 1940 avec l'appel du général de Gaulle, répondant au discours du maréchal Pétain de la veille en refusant l'armistice et en continuant la résistance militaire. De Gaulle est seul, même si le 28 juin le gouvernement britannique le reconnaît officiellement comme "chef de tous les Français libres".

Les ralliements à de Gaulle sont d'abord limités. La plupart des militaires français réfugiés en Grande-Bretagne préfèrent l'Etat français né de la défaite à une France combattante siégeant à Londres. Les rares soutiens viennent de l'Empire. Des officiers (comme Leclerc) et des administrateurs (comme Eboué) conduisent l'Afrique occidentale dans le camp de la France libre dès août 1940 atténuant l'échec du débarquement à Dakar en septembre 1940. En 1941, la Nouvelle Calédonie, Tahiti, les possessions en Inde se rallient à leur tour, permettant à de Gaulle d'asseoir sa légitimité auprès des Alliés britanniques, puis américains et soviétiques. En décembre 1941, la France libre a une représentation diplomatique à Londres et à Moscou.

Les Forces françaises libres sont modestes. En 1941, elles regroupent les troupes de Leclerc au Tchad (qui s'illustrent à Koufra), quelques marins et quelques aviateurs en Grande-Bretagne et au Moyen Orient (après les opérations de Syrie). En juin 1942, la brigade de Koenig se distingue à Bir Hakeim. Ces forces s'étoffent après le débarquement en Afrique du Nord en novembre 1942. L'armée française issue de l'armistice hésite un moment entre l'obéissance au général Giraud, soutenu par les Américains et peu enclin à dénoncer le régime de Vichy, et le ralliement au général de Gaulle. Finalement, avec le soutien déterminant de la Résistance intérieure, c'est la seconde option qui l'emporte, permettant à de Gaulle d'écarter Giraud et de rester le seul interlocuteur des Alliés.

Dès 1943, les Forces françaises libres, équipées par les Américains, se battent avec les Alliés . Un effort de mobilisation permet de constituer une armée de 500 000 hommes, en grande partie constituée d'Algériens et de Marocains, sous le commandement de chefs ayant rompu avec Vichy (de Lattre de Tassigny, Juin) . Cette armée est engagée en Italie à partir de 1943 puis en France en 1944 : la division Leclerc débarque en Normandie et l'armée dirigée par de Lattre débarque en Provence, la première participant à la libération de Paris, la seconde remontant au travers du sud-est du pays, délivrant Marseille et Lyon avec l'appui de la Résistance intérieure qui a déclenché l'insurrection nationale.

Au fur et à mesure de la libération du territoire français, les Forces françaises de l'Intérieur sont versées dans l'armée régulière pour accroître la place de la France au sein des armées alliées. En décembre 1944, Strasbourg est libéré, concrétisant le serment de Koufra de 1941. Les troupes françaises entrent au début 1945 en Allemagne, occupant le sud ouest du pays. Les 7 et 8 mai 1945, le général De Lattre peut signer l'acte de capitulation sans condition de l'Allemagne au nom de la France (à Reims puis à Berlin), car son armée, issue des FFL et des FFI ayant refusé l'armistice de 1940, a participé à la victoire finale aux côtés des Alliés. Le général Leclerc tient le même rôle le 2 septembre 1945 lors de la capitulation du Japon.