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A la veille du débarquement allié, dans son message du 28 avril
1944 à la population, le maréchal Pétain réaffirme les fondements
de la collaboration : "Quand la tragédie actuelle aura pris
fin et que, GRACE A LA DEFENSE DE NOTRE CONTINENT PAR L'ALLEMAGNE
ET AUX EFFORTS DE L'EUROPE, NOTRE CIVILISATION SERA DEFINITIVEMENT
A L'ABRI DU DANGER QUE FAIT PESER SUR ELLE LE BOLCHEVISME, la France
retrouvera et affirmera sa place. Cette place sera en fonction de
la discipline qu'elle aura montrée dans l'épreuve et de L'ORDRE
QU'ELLE AURA SU MAINTENIR CHEZ ELLE". Ici, voyage du maréchal Pétain
à Rouen en mai 1944. (L'illustration du 20-27 mai 1944). (Coll.
MRN).

Tract du CNR, imprimé sur les presses de la Résistance, appelant
à célébrer le 11 novembre 1943 et à cesser le travail ce même jour.
(Coll. MRN).

Tract du CNR appelant les jeunes de la classe 43 à refuser le STO
et à entrer en contact avec les organisations clandestines de la
Résistance. (Coll. MRN).

Tract annonçant la création du Comité Français de la Libération
Nationale (CFLN), 1943. (Coll. MRN).
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La
Résistance est plurielle. Chaque organisation a ses caractéristiques
propres ; les conceptions du combat, les visions de la France libérée
y sont différentes, parfois opposées. Cependant, sous des formes
diverses, leurs actions ont comme objectif la reconquête de l'indépendance
nationale. Ce fil conducteur commun se révèle de plus en plus dans
la presse clandestine et les émissions françaises de la B.B.C.,
ainsi que dans certaines actions patriotiques (ainsi les 14 juillet).
Le
processus de rapprochement s'accélère en 1943. L'oppression
et l'exploitation du pays par l'occupant atteignent un degré insupportable,
dont le S.T.O. donne la mesure, au moment où le gouvernement de
Vichy s'enfonce totalement dans la collaboration. A cette véritable
" destruction de la nation française ", la Résistance doit faire
face. Elle doit devenir une force offensive d'ampleur nationale.
Il faudra des mois pour que réticences et oppositions soient surmontées
au cours de multiples (et dangereux) contacts où Jean Moulin joue
un rôle essentiel. La réunion du C.N.R., le 27 mai 1943, sous la
présidence de Jean Moulin, traduit la réussite de l'opération. Les
16 représentants des principales organisations clandestines ont
mission de diriger la lutte du peuple français sur son propre sol,
en liaison avec le C.N.F. que préside le général de Gaulle (dont
Jean Moulin est le délégué).
Le
C.N.R. donne à la Résistance intérieure une cohérence et une force
d'attraction qui en font, face à l'occupant et à Vichy, le pôle
de rassemblement de la nation. Il apporte au général de Gaulle le
poids d'une représentation nationale qui lui permet, face aux Alliés
(surtout américains) de parler au nom de la France. Le C.F.L.N.
(Comité Français de la Libération Nationale) créé à Alger, le 3
juin 1943, fonctionne comme un Gouvernement Provisoire de la République
Française (G.P.R.F.).
Enfin,
dans son "Programme d'actions de la Résistance", adopté à l'unanimité,
le 15 mars 1944, le C.N.R. définit les conditions d'une véritable
libération nationale. Son "programme d'action immédiate" appelle
à l'engagement massif des Français dans un combat immédiat, incessant,
et multiforme. Les mesures à appliquer pour la libération du territoire
dessinent, dans les domaines politiques, sociaux, économiques, les
traits d'une République nouvelle, profondément démocratisée.
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