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Affiche de l'occupant réprimant l'écoute de la radio anglaise. (Coll.
MRN).

Journal d'un des premiers groupes de résistance, le réseau du "Musée
de l'Homme". (D.R).

Reconstitution d'un des cinq lance-tracts bricolés, ayant servi
à Toulouse, le 7 novembre 1940, à disperser d'un toit, des tracts
clandestins sur le passage du cortège du Maréchal Pétain (fonctionne
avec un récipient d'eau et une tapette à souris).

Suzette Ehrlich, résistante de l'Union des Juifs pour la Résistance
et l'Entraide, tire à la ronéo tracts et journaux clandestins. Photo
prise à la Libération. (Coll. MRN).

L'imprimerie typographique du journal Défense de la France permettait
des tirages très élevés atteignant souvent plusieurs centaines de
milliers d'exemplaires. Photo parue à la Une du premier numéro légal
du journal, le 21 août 1944. (Coll. MRN).

L'imprimeur Limpens lors de la préparation d'une des affiches d'appel
à l' insurrection parisienne. Photo prise à la Libération à l'imprimerie
du Fort de Champigny. (Coll. MRN).
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Première
arme de la Résistance
L'occupant
et l'"Etat français" détiennent le monopole de la parole. Faire
entendre une parole différente est donc, une condition pour développer
l'esprit de résistance et organiser la lutte du peuple français
pour sa libération.
Seule capable matériellement de toucher l'ensemble de la population
française, la radio peut combattre l'ennemi à armes presque égales.
Dès la mi-juillet 1940, quotidiennement, on peut entendre à la BBC
deux émissions françaises, "Honneur et Patrie" et "Les Français
parlent aux Français".
Le poids de la presse clandestine est d'un autre ordre. Elaborée
sur le terrain, expression directe de la variété des situations
et de la diversité des opinions, elle dénonce, elle argumente en
temps réel au plus près des problèmes de la population. Signe visible
de la Résistance, la parole clandestine mobilise et recrute chaque
jour de nouveaux combattants. Nombre des Mouvements de résistance
des plus importants naissent autour d'un journal clandestin, tels
"Défense de la France" ou "Combat".
La
masse et la variété de la presse clandestine sont une des originalités
de la Résistance française : plus de 1200 titres de journaux clandestins
tirés à près de 100 millions d'exemplaires pendant les 4 ans d'occupation
; sans compter les centaines de milliers de tracts, de papillons,
de brochures, d'affichettes ou les inscriptions murales.
Pour
autant, la parution d'une feuille clandestine se heurte à des difficultés
matérielles considérables. Les matériaux et les machines nécessaires
à la fabrication sont rares et contingentés ; leur vente est étroitement
surveillée par la police. Ceux-ci en outre doivent être camouflés
dans des "planques" sûres. Les premiers procédés d'édition sont
très simples : souvent le texte est écrit à la main, tapé à la machine
ou polycopié en quelques exemplaires qu'on fait circuler. Cependant
deux procédés sont particulièrement utilisés dans la production
clandestine. L'imprimerie ronéo : de petites dimensions, ces machines
s'installent sur une table et fonctionnent à la main. Le tirage
peut atteindre les 700 à 800 exemplaires à l'heure. L'imprimerie
typographique : seule celle-ci est capable d'effectuer les tirages
de masse.
Quel
que soit le procédé de fabrication employé, il faut donc du courage,
de la ténacité, de l'ingéniosité, mais aussi l'établissement de
tout un réseau de complicités, s'étendant au - delà du groupement
clandestin publiant le journal.
Après
la publication, le journal ou le tract doit être acheminé et distribué.
Pour les transports à grande distance les cheminots jouent dès le
début un rôle essentiel. Pour les autres liaisons et la distribution
rapide à la volée dans les rues, le vélo est privilégié. Mais d'autres
procédés sont utilisés pour la distribution : feuille glissée dans
la boîte à lettres, sous la porte, dans le panier à provision, dans
une poche ; feuille laissée sur un banc, sur une table, dans un
vestiaire... Et, toujours il est demandé au lecteur de devenir lui-même
diffuseur de cette feuille. Enfin, certaines publications sont parachutées
par la France libre ou les Anglais.
L'importance de la répression est à la mesure du rôle essentiel
de la parole clandestine. Les pertes subies, par ceux qui font vivre
la presse clandestine pendant 4 ans, sont très lourdes, impossibles
à chiffrer : combien de dactylos, de "tireurs" à la ronéo, de transporteurs,
de distributeurs... Les travailleurs de l'imprimerie, maîtres et
ouvriers, sont très durement touchés. Sur 1200 travailleurs du livre
résistants, 400 ont été tués, exécutés ou déportés.
A la Libération, sortis de la clandestinité, un nouveau journalisme
et une nouvelle presse contribuent de manière importante à un renouveau
démocratique dans le pays. 
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