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"Vers l'Ouest". Après la victoire de Stalingrad, cette affiche soviétique,
symbolise l'offensive généralisée de l'Armée Rouge en 1943. In,
l'Union Soviétique dans la Seconde Guerre Mondiale.

Photomontage illustrant la collaboration de Vichy et de l'Axe au
moment du débarquement anglo-américain en Afrique du Nord et de
l'occupation de la zone Sud. In, Le Matin, 13 novembre 1942. (Coll.
MRN).

Affiche antisémite de l'occupant désignant ses ennemis essentiels
dans la guerre totale. (Coll. MRN).

Affiche officielle de l'Etat Français pour la réquisition de la
main d'oeuvre dans le cadre du Service du Travail Obligatoire (STO).
Amiens, février 1943. (Coll. MRN).

Photographie représentant un contrôle d'identité effectué par un
policier français en civil dans le métro. Ces contrôles se multiplient
pour traquer les résistants et les réfractaires au STO. (Coll. MRN).

La "justification" du STO. Affiche réalisée par les services de
propagande allemands et vichystes, avril 1943. (Coll. MRN).

Du 22 au 27 janvier 1943, des milliers de policiers français, épaulés
par les Allemands, bouclent le Vieux-Port à Marseille et raflent
plusieurs milliers de personnes. 1 642 d'entre elles, dont de nombreux
juifs, seront déportées. In, Signal, janvier 1943. (Coll. MRN).

René Bousquet, (col de fourrure et sourire épanoui) entouré des
chefs SS pendant la rafle de Marseille. In Serge Klarsfeld, " Le
calendrier de la persécution des Juifs de France. 1940-1944 ", Les
Fils et les Filles des Déportés Juifs de France, 1993.

Affiche de la Milice. Son chef, Joseph Darnand, devient, en janvier
1944, secrétaire général au maintien de l'ordre dans le gouvernement
de Vichy. (Coll. MRN).

Les Groupes Mobiles de Réserves (GMR) créés en 1942 par l'Etat Français
sont lancés contre les maquis, ici en Savoie. (Coll. MRN/IML, Berlin).

Affiche germano-vichyste présentant les 23 Francs-Tireurs et Partisans
de la Main d'Oeuvre Immigrée (FTP-MOI), jugés et condamnés à mort
le 21 janvier 1944 lors d'un procès public. Elle vise à provoquer
la peur, à susciter des réactions xénophobes et antisémites pour
discréditer la Résistance. (Coll. MRN).

Photographie de l'exécution de maquisards par la Wehrmacht à Lentilly
en Côte d'Or au printemps 1944. (D.R).

Affiche de l'Etat Français qui utilise les effets meurtriers des
bombardements anglo-américains pour retourner l'opinion contre la
Résistance et les Alliés. Printemps 1944. (Coll. MRN).

Photographie d'un des nombreux sites martyrs en France. Ici le village
de Dortan, dans le Jura, près d'Oyonnax, incendié par la Wehrmacht
en juillet 1944. (Coll. MRN).

Affiche germano-vichyste
présentant le dernier argument avant le débarquement allié en Normandie,
le 6 juin 1944. (Coll. MRN).

Photographie, prise sur un soldat, de la destruction par la Wehrmacht
du village de Maulay en Côte d'Or, à l'été 1944. (Coll. MRN).

Photo prise clandestinement à la gare de Lyon-Perrache lors de la
formation d'un convoi de déportation. In, " Lyon sous la botte ",
éditions De la plus grande France, déc. 1944. (Coll. MRN).
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Le tournant des années 1942-1943 est aussi celui de la guerre, où
le rapport des forces bascule en faveur des "Nations
Unies". Le débarquement américain en Afrique du Nord (8 novembre
1942) permet aux alliés de prendre pied dans la zone méditerranéenne,
en ligne de mire, l'Italie mussolinienne (débarquement en Sicile,
et en Italie du Sud, juin-juillet 1943). A l'Est, la Wehrmacht ne
se relèvera pas du désastre subi à la bataille de Stalingrad (qui
se termine le 2 février 1943).
Ces
changements décisifs se répercutent fortement en France. En Afrique
du Nord, libérée en mai 1943, peut se reconstituer, surtout avec
des levées d'hommes dans l'Empire, une armée française importante.
Engagée dans les opérations alliées en Afrique, puis en Italie,
elle renforce le poids de la France dans l'issue de la guerre.
En France même, la situation change. Dans une guerre où les destructions
s'accumulent, l'Allemagne augmente considérablement ses exigences.
Le pillage systématique de toutes les ressources françaises et une
répression de plus en plus lourde font monter la haine envers l'occupant.
En
même temps, le discrédit du gouvernement de Vichy s'accélère. L'acceptation
sans résistance, par Pétain, le 11 novembre 1942, de l'occupation
de toute la France, les lois et l'appareil répressif qui fonctionnent
pour l'occupant, montrent la satellisation du gouvernement "français".
Parmi les cadres de l'Etat, certains se désengagent et même passent
à la Résistance (notamment des officiers).
Dans le basculement lent et progressif des Français en faveur de
la Résistance, le combat contre le pillage de la main d'oeuvre joue
un rôle essentiel.
La
livraison, exigée par l'Allemagne, de centaines de milliers de travailleurs
est organisée par le gouvernement de Vichy : les lois du 4 septembre
1942 et du 17 février 1943 imposent le service du travail obligatoire
(S.T.0.). La mise en esclavage des hommes au service de l'ennemi
provoque indignations et oppositions. Les organisations clandestines
se mobilisent pour impulser la désobéissance, sous le mot d'ordre
commun "Pas un homme pour l'Allemagne". Grèves et manifestations
s'opposent aux départs ; des complicités sont acquises dans l'administration
; des fichiers sont détruits. Il faut aussi cacher des milliers
de "réfractaires" recherchés par les polices françaises et allemandes.
C'est à la solidarité de la population qu'il est fait appel ; pour
les aider et les protéger. Ainsi, se tissent entre la population
et la résistance organisée des liens qui élargissent la dynamique
du combat national. De plus, les réfractaires réfugiés dans les
"maquis", peuvent, équipés et encadrés par les groupes armés existants,
s'intégrer dans la lutte armée.
C'est
à ce moment que la Résistance atteint sa maturité. Le 27 mai 1943
est constitué le C.N.R. (Conseil National de la Résistance). Pôle
de coordination de l'ensemble des forces de la Résistance, le C.N.R.
va dynamiser, à l'échelle nationale, le combat libérateur.
En
même temps que les alliés, sur tous les fronts, forcent l'Allemagne
à la retraite, la Résistance prend en France une ampleur nationale.
Le combat militaire, coordonné en janvier 1944 dans les F.F.I. (Forces
Françaises de l'Intérieur) occupe désormais une place de premier
plan : guérilla urbaine, petits maquis mobiles pratiquant la guérilla,
grands maquis prévus comme môle de résistance (Glières) ; les sabotages
dans les transports et l'industrie se généralisent dans les entreprises
et prennent des formes spectaculaires (notamment dans les chemins
de fer).
Cependant,
toutes les autres formes d'action progressent aussi. Le monde ouvrier
est en effervescence permanente. Les actions revendicatives et les
grèves qui se succèdent et se relaient freinent le pillage, renforcent
la combativité et l'organisation (réunification de la C.G.T.). Dans
la population, on constate l'élargissement de la désobéissance aux
autorités et, en même temps, le développement des solidarités, avec
la multiplication des gestes individuels d'aide et de protection
envers les résistants. L'ampleur et les aspects nouveaux des manifestations
traduisent l'élévation de la combativité et la force retrouvée du
sentiment national.
L'occupant
entreprend, avec fureur, de disloquer ce front intérieur. Aux forces
allemandes, toutes mobilisées - y compris la Wehrmacht - s'ajoutent
les polices de Vichy désormais aux mains des éléments fascistes
et ultra collaborateurs (la Milice). A la répression "ordinaire"
- exécutions et déportations - s'ajoutent les tortures systématiques
dans les prisons, les exécutions sur place des résistants arrêtés.
Fait nouveau, se développe une terreur de masse qui frappe la population
: exécutions et destructions de villages dont Oradour sera l'exemple
le plus célèbre.
Mais
l'ennemi ne parviendra pas à stopper la montée de la Résistance
qui pourra jouer tout son rôle dans la libération de la France.
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