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A la Centrale d'Eysses (Lot-et-Garonne), après une révolte et des
tentatives d'évasion, les internés sont livrés aux SS. 11 seront
fusillés et 1 200 seront déportés au camp de concentration
de Dachau, le 30 mai 1944. Photo du départ en déportation prise
par un garde mobile. In Le Bataillon d'Eysses, édition Amicale d'Eysses,
1962. (D.R).

Emploi du temps du résistant Eugène Kerbaul interné au camp de Voves. Maintenir
la vie intellectuelle et spirituelle est un des aspects de la Résistance dans
les camps et dans les prisons. (Coll. MRN).

Dans la nuit du 21 au 22 juin 1942, 19 résistants internés au camp de Compiègne
réussissent leur évasion. Une longue et méticuleuse organisation permet notamment
de creuser un souterrain de 41 mètres durant 3 mois. Photo de la reconstitution
de l'événement à la Libération. (Coll. MRN).

Bon de souscription. La plupart des mouvements de Résistance organisent la solidarité
envers les victimes de la répression en faisant appel à la population. C'est une
des tâches essentielles du Secours Populaire de France. (Coll. MRN).

Inscriptions sur les murs de Dranc, in "A Paris sous la botte
nazie", éd. Schall, 1945 (Coll. MRN).
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Dès
leur entrée en France, les Allemands emprisonnent tous ceux qui d'une manière
ou d'une autre s'opposent à leur progression puis à leur présence. L'Etat français
après l'armistice multiplie les internements, ajoutant ses propres prisonniers
à ceux enfermés par la Troisième République (allemands antifascistes ou dirigeants
communistes par exemple). Près de 900 lieux de détention permanents ou provisoires
(camps d'internement, prisons, centrales, forteresses, camps de transit, etc.),
gérés le plus souvent par l'administration pénitentiaire française, sont utilisés
en France (zone nord et zone sud) et en Algérie. Poussant au plus loin la logique
de la collaboration, l'Etat français n'hésite pas à livrer ses prisonniers aux
Allemands (détenus politiques livrés comme otages à fusiller, internés juifs voués
à la déportation vers l'Est).
Au
sein des Mouvements ou des institutions religieuses et caritatives,
des structures de solidarité sont créées. Les organisations juives
s'efforcent de sauver les enfants, avant les rafles (avec l'aide
de non-juifs) et dans les camps d'internement, particulièrement
dans le sud de la France. Les familles et les amis des résistants
arrêtés refusent d'abandonner leurs proches et s'efforcent de leur
fournir du ravitaillement, des vêtements propres et des nouvelles,
les avocats jouant dans ce domaine un rôle non négligeable. Les
complicités intérieures facilitent les contacts : les autorités
allemandes se méfient de plus en plus de l'attitude des gardiens
français.
Les détenus eux-mêmes tentent de faire front. La reconnaissance du statut de prisonniers
politiques permet d'améliorer la situation des résistants internés en les distinguant
des prisonniers de droit commun : le respect des gardiens et les responsabilités
administratives confiées à certains détenus améliorent le sort de tous et aident
à l'organisation clandestine. Partout, la solidarité est une manière de ne pas
abdiquer face à l'oppression : le partage d'un colis, les plaies pansées après
la torture, un regard échangé pour rompre l'isolement entretiennent l'espoir.
Dans
un grand nombre de prisons et de camps, les informations circulent sous forme
de feuillets manuscrits plus ou moins élaborés. Une vie intellectuelle se maintient
derrière les barreaux, rendue plus intense par l'engagement de ceux qui savent
que la mort est au bout du chemin : les récitations de poèmes, les cours improvisés,
les représentations théâtrales parfois, font oublier un court instant que le combat
pour la vie est toujours plus difficile.
Quand les circonstances le permettent, des évasions sont tentées. Les transferts
offrent des opportunités, mais des détenus parviennent à s'échapper depuis les
prisons ou les camps mêmes, les complicités extérieures étant déterminantes dans
la plupart des cas.
La
liberté n'est cependant pas au bout du chemin pour des dizaines
de milliers de prisonniers. Les exécutions et les déportations déciment
régulièrement la population des camps et des prisons. La Marseillaise
qui retentit alors derrière les portes des cellules et des baraquements
est un ultime encouragement à ceux qui vont mourir ou disparaître
dans "la nuit et le brouillard".
Les déportés des camps de concentration tenteront, dans des conditions
plus épouvantables encore, de maintenir cet esprit de résistance,
rendu presque impossible avec l'épuisement par le travail, la faim
permanente et la déchéance physique et morale. 
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