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La
vie carcérale des femmes (1942 - 1944) (Josette
Cothias Dumeix)
C'est de mon incarcération en novembre 1942 que j'ai connu de près
la fraternité, les faiblesses et la générosité humaines. Ces femmes
arrêtées connaissaient la dureté des sévices. Elles étaient souvent
femmes, filles ou mères de Résistants arrêtés eux aussi et quelques
fois fusillés.
J'étais
jeune, mais d'apparence plus âgée. Je n'avais guère eu le temps
de regarder vivre les autres, toujours à organiser l'action des
Résistants. Mes compagnes étaient pour la plupart mères de jeunes
enfants. Que font-ils ? Où sont-ils ? pensaient-elles
en cachant cette douleur.
A
cinq sur six mètres carrés, il était difficile de s'isoler. Peu
de plaintes pourtant. Les amicales moqueries, le rire et le respect
communs nous soutenaient, mais aussi les études sans livres, et
surtout un avenir possible que nous reconstituions ensemble.
Je
comprenais plus profondément leur courage, leur générosité. Les
périodes d'isolement des débuts de l'arrestation étaient une tout
autre expérience.
Il
y avait celles qui croyaient au ciel et celles qui n'y croyaient
pas, mais ensemble nous bâtissions un monde plus humain. En 1940-1941,
les têtes étaient basses, rares étaient ceux qui n'acceptaient pas.
Et pourtant, devant tant de drames, les gens ont refusé cette situation
; la solidarité et l'action se sont organisées ; les qualités de
courage et de générosité l'ont emporté sur les périls fascistes.
Le
monde actuel est encore celui des drames, de la misère, du chômage
et des guerres locales, mais de plus en plus les hommes et les femmes
s'organisent, manifestent, se solidarisent et agissent.
Il
y a toujours ceux qui refusent d'être soumis, et, à un moment, les
qualités humaines l'emportent sur les forces du mal.
Josette
Cothias Dumeix
1940-41 : Collectif de construction de la Résistance dans la zone
Sud
Agent de liaison entre les deux zones
Après août 1941, sous la responsabilité de Danielle Casanova, organise
les actions dans le Nord de la France Le 11 novembre 1942, elle
est incarcérée à Lille, prison Loos-Cuincy, (on l'avait pris
pour une autre) jusqu'à la Libération
Médaille de la Résistance
Chevalier de la Légion d'honneur
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