L’objet du mois #7

L’objet du mois #7

Parmi les donations de l’année écoulée qui seront présentées au MRN lors des Journées européennes du Patrimoine, le fonds Jacqueline de Chambrun, résistante et citoyenne engagée.

En 1940, Jacqueline Retourné est étudiante en médecine à Montpellier (grâce à une bourse) et commence très vite à résister (graffiti, distribution de tracts, etc.) bouleversée par l’antisémitisme dont sont victimes ses condisciples juifs.
Recrutée en décembre 1942 par le mouvement Combat, elle est affectée au service social, chargé d’aider les familles des résistants. Elle devient ensuite responsable du service social du réseau Combat à Marseille, puis à Lyon. Arrêtée par la Gestapo, elle réussit à s’enfuir mais doit se mettre au vert. Elle rejoint alors le maquis du Mont Mouchet (Haute-Loire), le plus important de France après celui du Vercors, comme médecin. Après son écrasement en juin 1944 par les troupes allemandes, elle continue le combat dans un maquis de la Haute-Lozère.

Casque porté par Jacqueline de Chambrun lors des combats du Mont-Mouchet ; autoportrait réalisé dans un maquis de la Haute-Lozère. Coll MRN. © MRN-J. Baffet
Casque porté par Jacqueline de Chambrun lors des combats du Mont-Mouchet ; autoportrait réalisé dans un maquis de la Haute-Lozère. Coll MRN. © MRN-J. Baffet

En août 1944, elle défile à Montpellier pour célébrer la libération. Engagée comme médecin dans le 81e régiment d’infanterie, elle refuse d’aller plus loin que le Rhin pour ne pas « occuper » à son tour. Elle épouse Gilbert de Chambrun en 1945.

A la fin des années cinquante, elle reprend ses études de médecine et devient pédiatre. Sous son impulsion est créé en 1968 le premier centre de protection maternelle et infantile (PMI) de Seine-Saint-Denis. Elle est également très engagée dans la défense des droits des femmes, des sans-abri ou des sans-papiers. A la retraite elle devient administratrice du Secours populaire français.